L’avenir des élèves

Les élèves ayant satisfait aux épreuves de l’examen de sortie reçoivent un diplôme avons nous dit.

Il aurait été intéressant de comparer les résultats de Chavaignac avec d’autres fermes-écoles. Nous ne pouvons le faire qu’avec celle de l’Yonne.

Nous lisons :

Les examinateurs chargés de vérifier les connaissances des candidats de l’Yonne…sont en général satisfaits des effets du séjour dans la ferme-école….Malgré ces heureux résultats, bien peu obtiennent le certificat d’apprentissage, diplôme sanctionnant la fin des études.

Et page suivante :

En tout la ferme-école de l’Yonne n’a reçu que 222 élèves entre 1848 et 1875, 11 seulement ont obtenu le certificat d’apprentissage (1848 le printemps de l’enseignement agricole). Soit 5%.

Avant de donner le pourcentage de Chavaignac, nous aimerions parler de la longévité exceptionnelle de cette ferme-école (1847-1923).

En 1849 : 70 fermes-écoles existaient,

En 1870 : 52 seulement,

En 1875  : plus que 34,

En 1893 : plus que 15 (n’oublions pas la loi de 1875 ( suppression de 19 fermes-écoles mais création de 37 écoles pratiques d’agriculture)).

La ferme-école de l’Yonne termine sa carrière en 1875, celle de la Creuse, en 1885. C’est en 1837 qu’a été créée la ferme-école de la Dordogne, une des toutes premières de France. Elle fermera ses portes en 1884 après une cinquantaine d’années d’existence féconde.

Une longévité exceptionnelle.

Cette longévité de Chavaignac tient à plusieurs raisons :

-le propriétaire de la ferme en est aussi le directeur, contrairement à d’autres écoles.

-une lignée existe : père, fils, petit-fils ;

En Dordogne, 2 frères vont se succéder ; ce qui explique, en partie, une longévité relative.

A l’institut de Roville, pourtant si renommé, il n’y a personne pour prendre la succession de Mathieu de Dombasle et en 1842, Roville disparaît.

Pour la Creuse, il n’y a également personne pour succéder au Directeur en 1885.

– Enfin les qualités des directeurs (et surtout du premier) sont particulièrement éminentes, notamment leurs qualités de pédagogues, eux-mêmes étant secondés dans leurs tâches, par d’excellents collaborateurs.

De 77% à 95% de diplômés.

Mais ces conditions étant réunies, il n’y aurait pas eu réussite sans la présence d’élèves motivés.

Il semble bien qu’un climat propice se soit installé dans notre région (malgré une apathie signalé par certains), depuis le milieu du XVIIIème ; les expériences multiples réalisées, n’ont pu que marquer l’esprit des paysans qui y étaient associés.

De même, dès 1835, le Comice agricole de Nieul a sûrement favorisé la demande des parents et des jeunes.

C’est cet ensemble de circonstances qui explique le bilan si favorable de notre ferme-école.Nous possédons deux statistiques permettant d’obtenir le pourcentage d’élèves diplômés.

La 1ère, après (?) ans d’existence de la ferme, conduit à un pourcentage de plus de 80%. La seconde datant de 1916 conduit à 77% de diplômés par rapport au nombre total des élèves entrés à Chavaignac depuis les origines.

Il convient de remarquer que le pourcentage est ainsi obtenu :

diplômés/élèves entrés à la ferme-école (ce qui conduirait pour le baccalauréat à faire le calcul élèves reçus/élèves entrés en seconde) et non diplômés/ élèves ayant terminé leur scolarité.

Or les 11 élèves de 1ère année ne sont pas toujours 11 à se présenter à l’examen de sortie. Quelques uns quittent la ferme-école au bout de quelques mois, d’un an ou deux :

– parce qu’ils n’ont pas pu s’adapter,

– pour une raison de santé,

– parce qu’ils ont été renvoyés pour indiscipline, intempérance…

L’on peut voir dans la liste des diplômés de 1907 que 10 l’ont été, le 11ème n’est pas classé par suite de maladie.

 

Des écoles et des hommes, au service du progrès de l’agriculture dans le canton de Nieul au XIXe siècle, page 101.

Les diplômés de 1907

Pour une autre année les diplômés sont 9 sur 9.

Tout ce qui précède montre que, si nous tenons compte du nombre d’élèves ayant réellement terminé leur scolarité, le pourcentage de réussite se situerait aux alentours de 95%.

Outre le diplôme et le pécule donnés à tous les élèves ayant réussi l’examen de sortie, quelques récompenses étaient également prévues.

Des écoles et des hommes, au service du progrès de l’agriculture dans le canton de Nieul au XIXe siècle, page 192.

Médaille de diplômé

Le ministère de l’agriculture donnait médaille d’argent ou de bronze aux 3 premiers (de façon exceptionnelle, une médaille vermeil au premier), le conseil général une somme répartie entre les meilleurs d’entre eux.

Aussi dans le compte-rendu de l’année 1891, nous pouvons lire :

Répartition de la prime de 500 francs

La prime de 500 francs mise à la disposition du directeur par le conseil général a été répartie de la manière suivante :

-Granger, Paul, classé 1er : 150 francs

-Jarriges, Martin, 2ème : 150 francs

-Jouvent, JB 3ème : 120 francs

-Plantivaud Louis 4ème : 80 francs.

Cette prime produit parmi les élèves un excellent résultat, en facilitant le recrutement et la discipline, l’émulation et les progrès.

Voir ci-contre la photocopie d’une prime accordée par le Ministre en 1867 au 1er de sa promotion.

108 élèves ont fréquenté la ferme-école de Chavaignac de 1848 à 1859, nous connaissons le devenir de la plupart d’entre eux.

18 sont propriétaires exploitants, l’un d’entre eux est également marchand de vaches, un autre pépiniériste.

11 sont jardiniers.

3 sont chefs-jardiniers, l’un à la colonie pénitentiaire d’Ajaccio, un autre à la ferme-école deVilleneuve (Creuse).

7 sont régisseurs dont un en Afrique.

7 sont fermiers.

1 est agriculteur en Amérique.

1 est chef de pratique à Chavaignac

1 est employé d’exploitation en Algérie

1 est sous chef de culture

1 est directeur d’exploitation agricole

1 est en 4ème année d’horticulture

1 est maître-valet

2 sont domestiques

1 est forgeron

1 est chef cantonnier

1 est sabotier

1 est facteur

1 est précepteur en Pologne

9 sont sous les drapeaux

7 sont instituteurs

3 gendarmes

5 sont dits chez M. X….nous ignorons leur statut

7 sont déjà morts.

Pour la décennie suivante les renseignements sont moins précis. La plupart de ces jeunes sont restés fidèles à l’agriculture.

On aura pu remarquer que 7 d’entre eux sont devenus instituteurs, à ce sujet A. de Bruchard insistait sur le fait qu’ils n’étaient point perdus pour l’agriculture puisque les bons principes qu’ils avaient acquis seraient transmis à leurs élèves.

Peut-être faut-il voir dans ce chiffre d’instituteurs la conséquence de la fermeture de l’école normale de la Haute-Vienne, créée en 1832 et supprimée en 1850 par le conseil général, à la suite de la loi Falloux.

Le curé Rousseau ouvrira « l’école de Chaptelat » et instruira les élèves instituteurs quelques années plus tard.

L’on observera que dans les années 50, 4 anciens élèves n’ont pas hésité à quitter la France métropolitaine : ce sont

Bichaud Jean, Peyrilhac, jardinier, Algérie

Deboudaud Barthélémy, Champnétery, précepteur, Pologne

Judde Guillaume, Saint-Laurent-sur-Gorre, agriculteur, Amérique

Fargeaud Léonard, Bujaleuf, régisseur, Afrique.

9, avons-nous pu lire sont sous les drapeaux. A ce sujet et dans la suite des années, nous savons par l’un ou l’autre écrit, qu’un certain nombre d’anciens élèves sont restés aux armées , où ils ont gravi les différents échelons du cadre des Sous-officiers quelques uns devenus Officiers.

CPA collection privée

Groupe d’élèves

Voici les renseignements recueillis dans différents bulletins de l’association des anciens élèves, la scolarité de ces élèves s’étant située entre 1885 et 1920.

En premier lieu, nous trouverons pour l’année 1907