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L’hippodrome

Très tôt le Limousin est remarqué pour son élevage de chevaux. Cela attire les écrivains comme Arthur Young qui dit que cette « province
est reconnue pour produire les meilleurs chevaux de selle du royaume et
c’est sur eux que sont montés les meilleurs régiments du royaume »
.

 L’encyclopédie Méthodique assure, quant à elle, qu’ « aucune province de France ne convient mieux pour élever des chevaux que le Limousin »

 

D’autres ouvrages font état de l’élevage de chevaux dans notre région ; nous nous appuieront principalement sur l’ouvrage de Bernadette Barrière et Nicole de Blomac « Cheval limousin, chevaux en Limousin », ainsi que sur quelques extraits des Bulletins de la Société Archéologique et Historique du Limousin, et d’articles de journaux pour étayer nos recherches sur l’hippodrome de Texonniéras et l’élevage de nos chevaux.

 

En France, il semble que ce soit le 20 avril 1776 qu’ait lieu la première course publique dans la plaine des Sabons (Neuilly) et le 2 août 1781, la première course réglementée : le Prix du Roi à Vincennes.

 

 

 Plusieurs haras sont attestés en Limousin dès le 16ème siècle : Les Cars, Jumilhac, Nexon…

Au 17ème siècle, autre haras important, Pompadour. Au 18ème siècle, Le Fraisse, Ventadour, Turenne et ses 250 poulinières.

Ces haras vont disparaître et réapparaître à différentes reprises.

Toutefois, l’existence de ces haras permet d’expliquer la création des courses hippiques de notre région.

 

 

En 1801, un dénombrement détaillé confirme bien la présence de nombreux chevaux en Limousin.

 

Les haras ont été réorganisés en 1805. Peu de temps après, le 8 septembre 1808, la Société des Courses de Limoges manifeste son existence. Plus tard sont organisées les premières réunions hippiques qui débouchent sur l’ouverture du nouvel hippodrome en 1821.

 

En 1811, l’une des premières juments engagées dont on connaisse l’ascendance est la Formule, fille d’un étalon de Pompadour et d’une jument limousine.

En 1812,
sur les 10 chevaux et juments engagés, 5 sont dit de race limousine et
un de race auvergnate. Par ailleurs, beaucoup des animaux concourant
sont originaires de ces mêmes contrées du sud de la Haute-Vienne et du
nord-ouest de la Corrèze.

 

En 1813, Napoléon déclare : « Que l’on me donne des chevaux et des soldats limousins ! »

Louis Texier-Olivier, par une lettre datée du 13 mars, commence par rappeler que « le
département que j’administre se trouve entièrement épuisé de chevaux
depuis deux ans environ, le gouvernement y a entretenu un officier
général chargé d’y rassembler des chevaux de Remonte et tous ceux que
les divers fournisseurs ont pu y trouver ont successivement disparus du
sol pour aller approvisionner l’armée. Ne croyez pas cependant,
Monsieur, que tous ces chevaux fussent de race limousine. Quelle que
soit la réputation de cette race, l’espèce n’en est point assez
nombreuse pour pouvoir servir à la remonte d’aucun corps de cavalerie »
.

Il
lui rappelle aussi les disparitions consécutives à la Révolution et le
fait que les meilleurs jeunes sujets ont tous été achetés.

 

 

Les premières courses de chevaux en Limousin se déroulèrent le 1er septembre 1808
à proximité de Tulle. Elles eurent lieu chacune des années suivantes au
même endroit à la fin du mois de mai jusqu’en 1815. Elles reprirent en
1819 et se poursuivirent jusqu’en 1824, année à partir de laquelle il
n’en est plus fait mention.

C’est le 13 juin 1820 qu’eut lieu la première course de chevaux en Haute-Vienne,
sur la route de Pierre-Buffière, sur le plateau de Boisseuil à La
Chalussie, à proximité du Roseau, propriété de Benoit du Buis-Puyfranc,
grand cavalier dont le frère était maire de Couzeix.suivie de deux
autres réunions les 14 et 17 du même mois, au même endroit.

 

A partir de l’année suivante, les courses hippiques haut-viennoises se déroulèrent à Texonniéras. La première réunion eu lieu le 13 juin 1821, suivie de celles des 14 et 17 juin de la même année.

 A
l’occasion de ces trois journées de courses – course locale, course
d’arrondissement et prix principal, une affiche préfectorale informant
le public de l’arrêté réglementant la police des courses fut éditée. Les
prescriptions sont à la fois prudentes et sévères. Un itinéraire à sens
unique est imposé aux voitures et aux cavaliers, par les allées du Buis
et Villefélix à l’aller et par Gorseix au retour. La force armée sera
disposée à droite et à gauche du terrain pour garder la ligne de
démarcation.

















































Texonniéras devint l’hippodrome de Limoges à partir de cette année, et c’est à cet endroit que se déroulent chaque année les réunions hippiques jusqu’à nos jours, avec quelques interruptions.

Les courses de Pompadour ne débutèrent qu’en 1842 et celles du Dorat en 1864.





Cette gravure, extraite de l’ouvrage « Cheval limousin, chevaux en Limousin »
(page 199), représente un « instantané » du prix principal qui fut
couru le 17 juin 1821. Il fut gagné par Mignonne, jument appartenant à
M. de Royères ; cette performance rapporta 2.000 francs au propriétaire.
Cette manifestation limousine hippique fut un évènement mondain
puisque, parmi les nombreux spectateurs qui y assistaient, figuraient
des notabilités importantes.




Les courses de juin 1821 à Texonniéras se déroulèrent sur une piste en forme de cercle.

Elles
attirèrent une foule nombreuse où se trouvaient toutes les notabilités
de la région : le préfet de la Haute-Vienne, les députés du département,
le maire de Limoges, de nombreuses personnalités civiles et militaires.
C’est sans doute ce succès qui explique la décision du Conseil général de la Haute-Vienne, dans sa séance du 26 août 1821,
d’établir l’hippodrome de Limoges sur le site de ces premières courses,
à proximité donc du village de Texonniéras, dans la commune de Couzeix
.

A
cet effet, le département de la Haute-Vienne, représenté par son
préfet, le comte Castéja, décide d’acheter le terrain nécessaire pour
cet établissement, à Pierre Hyppolite Martin, baron de La Bastide. Le
préfet demande au ministère concerné, l’autorisation d’acheter le
terrain en question, de 8 hectares ½, qui lui est accordée par une ordonnance royale du 13 novembre 1822, laquelle précise que cette transaction se fera aux frais du département de la Haute-Vienne.

 

L’acte de vente situe d’abord le terrain, le décrit succinctement et indique ce à quoi il est destiné. A noter, l’indication « à l’effet de continuer d’y établir un hippodrome ou un champ de manœuvres » ce qui laisse supposer que l’aménagement du site avait déjà débuté.

A noter aussi la double vocation pour ce terrain : des courses hippiques et un champ de manœuvres pour la garnison de Limoges.

L’acte notarié renvoi au plan qui lui est annexé, dressé par le sieur Breton, ingénieur.






Il situe l’hippodrome par rapport aux chemins existants (chemin de Texonniéras à Saint-Martin-du-Fault, chemin de Gorceix). La piste s’étend sur une longueur totale de 1307 mètres. La comparaison de ce plan de 1822 avec la carte topo IGN actuelle montre que cette première piste correspond à peu près à la partie sud de l’hippodrome actuel.


































Vue aérienne de l’hippodrome actuel




La vente est conclue moyennant la somme de 3.000 francs, payée comptant.

Il est spécifié que l’acheteur a le droit de construire « un
édifice en amphithéâtre de grandeur suffisante pour contenir quatre à
cinq cent personnes, et une écurie pour vingt à trente chevaux, séparés
chacun par une cloison »
. De plus, il sera permis à
l’acheteur de construire, dans un pacage dépendant du domaine du baron, à
l’endroit où existe une source d’eau vive, « un bassin de grandeur suffisante pour baigner deux chevaux » et de créer puis d’utiliser « un
chemin sur une largeur de cinq mètres à travers la châtaigneraie de
M. de La Bastide, du côté du couchant, pour conduire les chevaux au dit
abreuvoir »
, à charge par l’acquéreur d’entretenir l’abreuvoir et le chemin. Une autre condition est imposée à l’acheteur, celle « de
réparer et mettre en bon état le chemin qui conduit de la partie de
terre vendue au pont de l’Aurence sur la route de Limoges à Poitiers,
passant par l’avenue du Buis et le hameau de Villefélix, sur la largeur
de cinq mètres, entre les fossés ou talus, et de l’entretenir en état
viable, tant que les courses de chevaux seront maintenues dans le
département »
.

Le
vendeur se réserve le droit de faire pacager les bêtes à laine de son
domaine de Texonniéras sur le terrain vendu et d’utiliser les litières
qui seront produites. Il pourra, de plus, faire établir toutes les
constructions qu’il voudra autour de l’hippodrome.

 

Par la suite, l’hippodrome de Texonniéras va s’agrandir, d’abord avec deux parcelles de 3.58 et 2.78 hectares vendues en 1828 par M. Jabet, puis avec une autre parcelle de 4.60 hectares vendue en 1842, toujours par M. Jabet.

 

 

 Au fil du temps, et des terrains cédés, l’hippodrome atteignit la taille de 15 hectares.

 

Par la présence, à Limoges, du 20ème Dragons, l’hippodrome va voir des épreuves d’obstacles, réservées aux officiers.
Plusieurs d’entre eux vont même concourir aux Jeux Olympiques
d’Amsterdam, Los Angeles, Berlin et Londres. Grâce à leurs résultats, l’élevage limousin a acquis une réputation qui va largement influer sur son avenir équestre.

C’est ainsi que nous pouvons noter, dans toute la région, la présence de nombreuses écuries.

 

En 1833, création de la société d’encouragement pour l’amélioration des races de chevaux en France. C’est à partir de cette date que se situe l’apparition de circuits consacrés au sport hippique en France.

 

L’hippodrome
est vendu par le département,
le 19 décembre 1949, à la Société
d’Encouragement pour l’élevage des chevaux en Limousin.







Texonniéras est l’un des plus anciens hippodromes de France.

Grâce à ces installations, plusieurs écuries renommées s’installent à Couzeix.

Son activité reste permanente depuis cette époque.

Institutions qui soutiennent le musée de l’association reconnue d’intérêt général :


         
 

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