L’église de Nieul

Eglise de Nieul

Saint patron : Saint Pierre, puis Sainte Marie

Date de construction : XIIème siècle

Reconstruction/restauration : XIIIème siècle, XVème siècle, 1894 le clocher est restauré, nouvelle consécration en 1898.

Type : romane

Objets classés :

Tableau de Saint Jean de la Croix (copie du XVIIIème/XIXème siècle)
Tableau de Sainte Thérèse d’Avila (XVIIIème/XIXème siècle).

Objets inscrits :

Statue de la Vierge de l’Assomption (XVIIIème siècle).

Une partie de l’église actuelle date du XIIème siècle. Les voûtes et le reste de l’édifice appartiennent au XIIIème siècle, sauf une chapelle datant probablement du XVème siècle.

Deux dates sont mentionnées dans l’église : 1677 et 1689. Ce sont peut-être des restaurations.

Le clocher date de 1894. En 1898, l’église de Nieul a été de nouveau consacrée.

Voici ce que nous explique M de Laborderie au sujet de cette église :

« Le plan est très simple : nef unique de quatre travées dont la quatrième sert de sanctuaire avec chevet droit. La première travée est voûtée d’ogives toriques qui retombent sur un faisceau de trois colonnettes rondes. Il y a des formerets. Les bases des colonnettes sont profilées par deux baguettes superposées entre deux tores dont l’inférieur est très aplati. Les chapiteaux uniques qui amortissent les faisceaux de colonnettes comprennent un abaque de section carrée séparée par une gorge d’un tailloir également carré et une corbeille ornée de feuilles plates avec astragales correspondant à chaque colonnette. Deux baies ébrasées sont ouvertes dans les murs latéraux. Un fort doubleau sur pilastres rectangulaires cantonne la travée. Les chapiteaux des pilastres ont le même décor que ceux du faisceau de colonnette.

La deuxième travée est identique à la première. Une porte y est pratiquée au midi. Les chapiteaux des pilastres sont élégamment sculptés de crochets et d’une double rangée de feuilles plates. Dans la troisième travée, les ogives retombent sur des consoles formées de trois colonnettes qui partent d’un culot pour s’amortir en un chapiteau unique de même profil que les autres. La corbeille de ces chapiteaux est ornée de crochets.

Une chapelle du XVème siècle est accolée au midi à cette travée. Les nervures ont pour profil un bandeau, deux gorges superposées et un listel. La clef de voûte est sculptée.

La quatrième travée qui sert de sanctuaire montre encore des murs romans et des fenêtres romanes limousines d’un bon style ainsi que deux colonnes rondes, vestiges de l’église romane primitive. Mais la voûte est du XVème siècle, comme l’indique le profil des nervures et leurs pénétrations. Dans le mur droit du fond, une fenêtre géminée est découpée de redents.

A l’extérieur, il n’y a pas de porte à l’ouest. La principale entrée est au midi. C’est un bon portail du XIIIème siècle, à trois voussures avec colonnettes, rondes, archivoltes brisées toriques et chapiteau-frise orné de crochets et de feuilles plates, d’un type extrêmement fréquent en Limousin.

On accède en outre, à la chapelle méridionale, par une élégante porte dont le linteau courbe est mouluré de gorge et de filets prismatiques entrant par pénétrations dans les montants. Le linteau est surmonté d’un trèfle et encadré par une élégante archivolte en accolade qui retombe sur deux culots sculptés de feuillages.

Un fleuron assez volumineux amortit le sommet de l’arc. Un clocher carré moderne s’élève sur la chapelle du midi. Le long des murs, au dessus des fenêtres romanes, les restes de la corniche, consistant en modillons sans grand intérêt indiquent la hauteur de l’ancienne église. »

Sources :

Eglise de la Haute-Vienne, par MINGAUD Alain, 2004, cote in 4L216, ADHV, page 161.
BSAHL tome 73, par A de Laborderie, 1930-31, pages 257-61.