L’église de Peyrilhac

Carte postale ancienne, église de Peyrilhac, collection privée.

Eglise de Peyrilhac

Saint patron : Saint Léger

Date de construction : début XIIIème siècle

Reconstruction/restauration : XVème siècle, XIXème siècle.

Type : charnière roman/gothique, église fortifiée.

Objets classés :

Statuette de Saint Léger Céphalophore (XVIIème siècle)
Sculpture d’une Mise au Tombeau (premier quart du XVIème siècle)

Objets inscrits :

Statue de la Vierge à l’Enfant (XVIIème-XVIIIème siècle)
Cadre et tableau de sainte Philomène ( seconde moitié du XIXème siècle)
Croix encadrée du Christ en Croix ( premier quart du XIXème siècle)

 L’église semble dater du début du XIIIème siècle. Elle a subi plusieurs restaurations qui ont largement modifié son apparence. Les dernières grandes réparations ont eu lieu en 1885. Nous pouvons apercevoir des restes de fortifications. D’après A de Laborderie, c’est une église de transition entre le roman et le gothique et ceci serait visible au niveau des moulures qui présentent des gorges. Les fenêtres de l’abside et le portail abondent dans ce sens.

Description du portail par A de Laborderie :

« Le portail qui s’ouvre au sud est en arc faiblement brisé. Il est du style limousin classique, découpé en trois voussures. Les chapiteaux, sans tailloirs, ont leur corbeille ornée de crochets, mais ils ne se prolongent pas en frise continue. De plus on peut remarquer que si, dans les voussures, les ressauts sont allégés par des gorges, il n’en n’est pas de même pour les piédroits, dont les arêtes sont vives. Ce portail est mi-roman, mi-gothique ».

L’église est composée d’une nef à trois travées et d’une abside polygonale percée de fenêtres limousines. Les deux premières sont voûtées d’ogives et la dernière en berceau. Un vieux bénitier octogonal et en granit est présent dans l’église.

Description des travées et de l’abside par A de Laborderie :

« Les arcs doubleaux des deux travées de la nef retombent sur des pilastres très simples. Les ogives retombent sur des consoles qui paraissent avoir été rapportées et sur lesquelles sont sculptées des masques. Le profil des nervures est torique. Les clefs de voûtes sont fouillées d’une rosace et de feuilles de fougères. Les doubleaux de la travée du chœur retombent sur des colonnes rondes engagées dont les chapiteaux présentent un large tailloir qui se prolonge sur les murs sous forme de corniche. On distingue trois pans de l’abside, pans séparés par des colonnettes et percés de fenêtres limousines, en plein cintre. Une moulure qui a comme profil un tore séparé d’un cavet par un listel court tout le long de l’abside en contournant les cintres des fenêtres ».

Le clocher de cette église est carré. Il semble avoir été rajouté lors d’une campagne de restauration. Sa flèche octogonale est en ardoises.

Les fortifications de l’église :

« Les combes de la nef et du chœur sont surhaussées à hauteur d’homme et percées d’un chemin de ronde fait de diverses embrasures défensives : une suite de baies de tir et de guet et une canonnière de réemploi associée à une petite archère cruciforme. Le clocher est également pourvu de trous ronds de canonnières. Ce système défensif venait seconder celui de la maison-forte qui jouxtait la paroi sud et la façade ouest de l’église. En parfaite corrélation, ces deux ensembles fortifiés furent mis en place au cours de la seconde moitié du XVème siècle.

Les parties hautes de l’édifice ont connu une restauration en 1885 et il est probable que ces travaux ont bouché voire détruit une partie du chemin de ronde aménagé dans les combles ».

Voici ce que nous indique la monographie du canton de Nieul au sujet de la maison-forte attenante à l’église :

« Léonard Morin, curé, 1783-1811. Il a écrit la note suivante dans le registre des actes de 1801 :« Messieurs David et Cheyrou mes prédécesseurs avaient toujours resté au château attenant à l’église et appartenant aux PP. Feuillants qui étaient décimateurs de la paroisse et collateurs de la cure de Peyrilhac. J’y ai resté moi-même pendant dix ans, jusqu’au moment où, dans les temps des grands troubles de la Révolution, les églises furent fermées. C’est dans ce temps que le district ordonna la destruction de ce château, sous le frivole prétexte de trouver des matières propres à faire du salpêtre. Celui qu’on en tira n’équivalait pas au dégât causé par la destruction de cette maison qui entraînait la ruine de l’église ; ce qui a coûté à la paroisse environ 2000 francs pour remonter les murs et remettre les couverture. A l’ouverture des église, je reparus à Périlhac pour y reprendre mes fonctions, mais n’y ayant point de maison curiale, je restait en quelque temps au Breuil, chez M. Etienne ».

Le presbytère actuel n’a été acheté qu’en 1810.

Un contrefort évidé par un quart de cintre est visible près du portail. Une pierre qui servait à reposer les cercueils est placée en son centre. D’autres contreforts sont visibles aux angles de l’abside, qu’ils soutiennent.

Dans la monographie du canton de Nieul nous trouvons des références aux cloches de cette église :

La grosse cloche porte cette inscription : « Baptisée à Peyrilhac en août 1878._ J’ai eu pour parrain M. Joseph-Charles-Emile-Martin-de-Fontjaudran de la Mothe, conseiller à la cour d’appel, et pour marraine Melle Marie-Alexandrine-Alice de Bruchard de Chavagnac. M. le Vicomte Marc de la Guéronnière, maire officier de la Légion d’Honneur. M. Mativet Joseph curé._ Poids 316 kilos. »

Deux cloches plus petites ont été bénites à Peyrilhac le 17 décembre 1891″.

Sources :

Eglise de la Haute-Vienne, par MINGAUD Alain, 2004, cote in 4L216, ADHV, page 175, Peyrilhac : Saint Léger.
BSAHL tome 73, 1930-31, pages 251 à 311, par A Laborderie, pages 262-66 : Peyrilhac.
Monographies des villes et villages de France sous la direction de M.-G. Micberth, Nantiat et ses environs par l’Abbé Lecler, Res Universalis, 1990, réimp. de l’édit. 1871, 1890, 1892, 1894, 176p.