Les Confréries

Un pénitent en procession

Un pénitent en procession

Les communautés religieuses entouraient la ville de Limoges de tous côtés, quelques unes s’étaient même établies dans le centre.
Il y avait six compagnies de pénitents séculiers désignés par des couleurs différentes, noir, bleu, blanc, gris, feuille-morte et rouge ; chacune avait son oratoire et son aumônier spécial ; leur costume était vraiment effrayant pour ceux qui ne l’avaient jamais vu. Ils s’assemblaient tous les dimanches pour chanter l’office, et dans les cérémonies extérieures, les principaux officiants marchaient pieds-nus dans la boue.

 

 

 


Plusieurs autres congrégations rivalisaient de ferveur ; la grande confrérie de Saint Martial portait la sienne à un excès qui n’aurait sûrement pas été toléré dans une autre ville.

Confrérie de Saint Martial

Confrérie de Saint Martial

Les confréries religieuses, associations fraternelles de laïcs, ont connu un grand succès en Limousin depuis le XIIème siècle, puisqu’elles se sont comptées par centaines en Haute-Vienne, Creuse, Corrèze ainsi que dans le Confolentais et le Nontronnais qui appartenaient au diocèse de Limoges jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui chargées de la garde des reliques et de la diffusion du culte des saints régionaux, elles sont surtout connues du grand public pour l’organisation des grandes Ostensions, qui ont lieu tous les sept ans. A ce titre, elles font partie intégrante du cœur de l’identité limousine.

Logo de la confrérie des Jésuites. Les troix lettres I H S correspondent aux initiales de Iesus Hominum Salvator qui signifie Jésus, Sauveur des Hommes

Logo de la confrérie des Jésuites. Les troix lettres I H S correspondent aux initiales de Iesus Hominum Salvator qui signifie Jésus, Sauveur des Hommes

 

Axe significatif du renouveau et de la ferveur religieuse au XVIème siècle, c’est la réforme des anciens ordres et la fondation de nombreuses congrégations nouvelles. Dès la fin du XVIème siècle s’installent des Récollets, puis des Jésuites, s’établissent aussi des Oratoriens, des Bénédictins, des Ursulines, des Carmélites, des Visitandines, des Bénédictines.

Parmi ces ordres nouveaux, se distinguent ceux qui se vouent à l’enseignement comme les Jésuites à Limoges, les Pères de la Doctrine chrétienne à Bellac. D’autres collèges existent à Felletin, à Magnac-Laval ou Guéret. Les jeunes filles sont instruites par les Ursulines, les Filles de Notre-Dame ou de la Visitation, les Bénédictines.

 

 

Quant aux laïcs, ils se rassemblent dans différentes catégories de confréries. Le Limousin en compte quatre-vingts, Limoges à elle seule six. En effet, les confréries sont fort nombreuses dans les paroisses de l’Ancien Régime et le Limousin en est un bon exemple. Aux confréries de dévotion, de charité ou de métiers les plus anciennes, il faut ajouter celles des Pénitents qui connaissent une grande popularité. Les confréries de dévotion ont pour mission de garder les reliques du saint et d’organiser des fêtes en son honneur. Limoges abrite un grand nombre de confréries mais les paroisses des petites villes ou des villages du diocèse n’en sont pas dépourvus. Elles ont généralement une confrérie du saint patron de la paroisse, souvent une confrérie du saint sacrement, une de la Vierge et parfois d’autres répondant à des dévotions locales.

A côté des confréries de dévotion, l’on trouve les confréries de charité qui s’occupent des œuvres d’assistance auprès des pauvres, des malades. Mais à partir du XVIIème siècle, les confréries de Pénitents connaissent un essor considérable et dépassent les autres types de confréries par leur importance. Elles se donnent un double objectif de pénitence et de charité. Les manifestations de pénitence ont lieu lors des processions qu’elles organisent le jour de la fête patronale. La charité des pénitents se manifeste auprès des pauvres, des prisonniers mais aussi lors d’épidémies, disettes ou incendies.


La Confrérie, religieuse, de saint Eloi en Limousin, basée à Chaptelat(http://www.chaptelat-confrerie-saint-eloi.fr) accueille à l’occasion des Ostensions de nombreuses autres confréries de Saint Eloi, de France (Noyon, Bethune-Beuvry, Toulouse, Rognonas, etc…) et également d’autre confréries européennes (Belgique, Allemagne, Italie, Espagne) réunies sous le vocable d’Eureloy.

 

 

En effet, dans notre région, un certain nombre de corporations, religieuses ou non, avaient choisi St Eloi comme saint patron, notamment au niveau du compagnonnage dont nous vous parlons plus en profondeur dans notre chapitre sur les métiers.
B. de Castera écrit dans un livre publié en 1988 que le compagnonnage se définit par la culture ouvrière qui lui est propre, qui l’enracine dans la condition la plus commune de l’humanité qui consiste à travailler de ses mains et qui, par la valeur spirituelle de cet enracinement, fait éclore la conscience d’une fraternité universelle.

Langlois, dit Emile le Normand, compagnon du devoir, ne dit pas autre chose lorsqu’il constate que le compagnonnage se veut spirituel, et non religieux, bien que beaucoup se mette sous la coupe du Saint patron originaire de Chaptelat, orfèvre de formation et donc emblème des travailleurs manuels.