Le cas du soldat SEDLAK

Nous avons été intrigués au cimetière de Chaptelat par la présence de la tombe de ce soldat tchécoslovaque décédé à l’hôpital temporaire du Mas Eloi en mai 1918.

Sa pierre tombale se trouve à l’écart du cimetière militaire. Nous avons appris qu’elle était entretenue par le Souvenir Français (le Souvenir Français a pour vocation de maintenir la mémoire de tous ceux qui, combattants de la liberté et du droit sont morts pour la France ou l’ont bien servie qu’ils soient français ou étrangers).

Nous avons sollicité bon nombre de nos relations personnelles et de sites internet pour en savoir davantage !

Tombe du soldat SEDLAK, cimetière de Chaptelat, crédit photo Mémoire de Nieul et Alentours.

 

De Svitavká en Moravie, à Chaptelat en Limousin

Quel a été le parcours de Rodolph Sedlak ?

Nous savons que Rodolph Sedlak est né dans une bourgade de Moravie : Svitavka, de Josef Sedlak, tailleur, et de Vinzencia Dvorak, le 8 septembre 1886.

Il est décédé à Chaptelat à l’hôpital complémentaire du Mas Eloi le 16 mai 1918. Le bulletin de décès (ci-dessous) établi par les autorités militaires de l’établissement précise qu’il y était entré le 9 janvier 1918 et qu’il y est décédé de tuberculose pulmonaire.

Son appartenance au 8ème régiment d’infanterie autrichien peut donner à penser qu’il s’est battu, de gré ou de force, aux côtés des allemands. Mais alors pourquoi n’est-il pas inclus dans le cimetière militaire allemand ? Pourquoi figure-t-il sur le mémorial des soldats morts pendant la Première Guerre Mondiale à Svitavka, et surtout pourquoi sa tombe, à Chaptelat, est entretenue par le Souvenir Français ?

Mémorial des soldats de la Première Guerre Mondiale de Svitavka. Ci-dessous zoom sur la photo de Rudolk SEDLAK.

Mémorial des soldats de la Première Guerre Mondiale de Svitavka. Ci-dessous zoom sur la photo de Rudolk SEDLAK.

Le service des archives régionales moraves de Brno indique qu’il a eu un frère né en 1885. Cependant, la mairie de Svitavka n’a pas retrouvé de membres de sa famille dans la localité.

Beaucoup de questions restent donc sans réponse. M. le Consul honoraire de la République Tchèque à Marseille nous a proposé de nous aider dans nos recherches, nous espérons que cela pourra aboutir mais cela sera difficile : La République Tchèque a eu une histoire tourmentée, des documents ont pu se perdre ou être détruits.

Bien sûr nous vous ferons connaître les renseignements qui pourraient nous être communiqués.

Nous remercions très chaleureusement le Docteur Katerina Smutna, Directrice des archives régionales moraves à Brno, Mme Jana Jurna, officier d’Etat civil à Svitavka, et M. Jan Koralka, M. Pavel Macek, qui ont traduit nos échanges avec les instances tchèques, merci à toutes ces personnes pour leur temps, leurs recherches et leur gentillesse. 

Retour sur l’histoire de la Tchécoslovaquie pendant

la Première Guerre Mondiale.

En 1914, les populations tchèques et slovaques sont des minorités nationales incluses dans l’empire austro-hongrois. La guerre fit naître des espoirs chez les partisans de l’indépendance qui virent dans une victoire des Alliés la possibilité d’y parvenir.

Peu désireux de soulever l’épineuse question des minorités nationales les Alliés ne se décidèrent pourtant pas immédiatement à soutenir la cause tchécoslovaque. C’est le 10 janvier 1917 que les Alliés inclurent dans leurs buts de guerre l’indépendance des tchécoslovaques par le démembrement de l’empire austro-hongrois.

Dès 1914 pourtant la colonie tchécoslovaque de Paris, composée d’artistes et d’artisans décida que tous les membres aptes s’engageraient dans l’armée française, plusieurs centaines d’entre eux furent acceptés dans la légion étrangère. Les volontaires partirent pour le front de Champagne.

Tout au long des combats ils subirent de lourdes pertes. Les rares survivants tchécoslovaques combattirent jusqu’en 1918 avant de passer dans leur armée nationale.

Le 14 juillet 1919, aux côtés des autres alliés, les tchécoslovaques défilaient sous l’Arc de Triomphe à Paris.